Les fuites urinaires chez la femme

Les fuites urinaires chez la femme

« Je ne peux plus me retenir d’uriner ». C’est ce qu’environ 30 % des femmes en France, sujettes aux fuites urinaires, pourraient déclarer1. Avec plus ou moins d’appréhension, sachant que 43 % de la population dans l’Hexagone considèrent l’incontinence urinaire comme un sujet tabou2. Contrairement aux hommes, chez qui ce problème de santé se déclare majoritairement après 65 ans, les femmes sont confrontées aux fuites urinaires bien plus tôt dans leur vie. Les grossesses, les accouchements ou encore la ménopause provoquent souvent une incontinence urinaire d’effort, la forme la plus répandue de ce trouble pour la gent féminine. Mais, une fuite urinaire, c’est quoi exactement ? Quelles sont les différentes manifestations et causes de l’incontinence urinaire féminine ? Et quelles solutions adopter pour remédier aux fuites urinaires chez la femme ? Ne tournons plus autour du pot : réponses détaillées dans cet article !   

Les fuites urinaires chez la femme : de quoi s’agit-il ?

Qu’est-ce qu’une fuite urinaire ?

Dans le langage courant, on dit « fuite urinaire ». Dans le jargon médical, on parle d’« incontinence urinaire ». Dans les deux cas, il s’agit d’une émission d’urine involontaire. Ce phénomène se produit quand l’organisme n’est pas capable d’assurer correctement les fonctions naturelles de rétention (continence) et d’évacuation (miction) de l’urine.

En effet, les mécanismes normaux de continence urinaire et de miction sont contrôlés par le cerveau, inconsciemment et consciemment, et assurés physiquement par les différents organes, conduits et orifices de l’appareil urinaire. Les reins filtrent le sang en continu, éliminant les déchets sous forme d’urine. Celle-ci est collectée dans le réservoir interne qu’est la vessie. Elle y est retenue grâce au relâchement du muscle vésical, le détrusor, et à la contraction du sphincter de l’urètre et des muscles du plancher pelvien. La vessie se remplit progressivement, jusqu’à un certain seuil, qui une fois atteint, déclenche le besoin d’uriner. Seulement lorsque l’individu le décide, la miction a lieu : le détrusor se contracte ; le sphincter urétral et le périnée se relâchent ; l’urine est évacuée par l’urètre jusqu’au méat urétral, l’orifice externe de l’urètre. Un dysfonctionnement de ce système peut conduire à une fuite urinaire.

L’incontinence urinaire majoritairement féminine

Le pourcentage de femmes souffrant d’incontinence urinaire est difficile à déterminer. Les résultats des diverses études scientifiques ne sont pas toujours comparables, du fait d’importantes différences dans les définitions acceptées de l’affection, dans les méthodes d’échantillonnage ou dans les populations observées. De plus, les patientes sujettes aux fuites urinaires consultent rarement un professionnel de santé pour cet unique symptôme. Pour des raisons encore floues et peu explorées, « 20 à 50 % des femmes touchées ne parlent pas de leurs symptômes à leur médecin traitant »3.

Néanmoins, il est démontré que les fuites urinaires sont plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes, environ trois fois plus4. Ce problème de santé affecte entre 20 et 30 % de la population féminine française5. De plus, la survenue des fuites urinaires chez la femme augmente avec l’âge. Plus de 40 % des femmes dépassant les 70 ans seraient concernées par le phénomène4. L’âge est aussi un facteur lié à l’apparition des différents types de fuites urinaires.

Différentes formes de fuites urinaires chez la femme

Trois formes spécifiques de fuites urinaires touchent particulièrement la population féminine.  

  • L’incontinence urinaire d’effort est une perte d’urine involontaire survenant à la suite d’un effort physique, qu’il soit important – soulèvement de charges lourdes, sport à impact, etc. – ou léger, voire minime – éternuement, toux, rire, etc. La fuite, la plupart du temps de faible volume, allant de quelques gouttes à quelques millilitres, ne s’annonce pas par une envie d’uriner. C’est le type de fuites urinaires le plus répandu chez les femmes incontinentes : 50 % en souffrent, tous âges confondu6. Il prédomine chez la femme jeune, âgée de moins de 50 ans6.

  • L’incontinence urinaire par impériosité est une émission d’urine non contrôlée précédée ou accompagnée d’un besoin impérieux d’uriner, excluant toute possibilité de se retenir, pouvant se produire à tout moment du jour et de la nuit, sans lien avec une activité physique. On parle également d’incontinence urinaire d’urgence ou par hyperactivité de la vessie. C’est la forme minoritaire d’incontinence urinaire féminine (de 10 à 20 %), plus présente chez la femme âgée (plus de 50 ans)6.

  • L’incontinence urinaire mixte combine les caractéristiques et les symptômes des deux précédents types de fuites urinaires. Elle concerne environ un tiers des femmes incontinentes, généralement cinquantenaires ou plus6.

Pourquoi les femmes souffrent-elles d’incontinence urinaire ?

Les fuites urinaires chez la femme liées à l’effort sont causées par une augmentation brusque de la pression abdominale. Le relâchement du sphincter urétral, qui ferme le col de la vessie, et des muscles du périnée favorise ce type d’évènement. Cette distension peut s’expliquer par :

  • une grossesse multiple ou des grossesses répétées ;
  • un accouchement par voie vaginale nécessitant l’utilisation de ventouses ou de forceps, ou marqué par une déchirure périnéale ;
  • la chute du taux d’estrogènes associée à la ménopause, qui amincit et fragilise les tissus de l’urètre et du vagin ;
  • le prolapsus génital, c’est-à-dire la descente des organes situés dans le bassin ;
  • une opération chirurgicale au niveau du bas-ventre.

    L’incontinence urinaire par impériosité est déclenchée par des contractions intermittentes et intempestives de la vessie, alors qualifiée d’hypersensible, bien que celle-ci ne soit pas complètement remplie. Cela peut être le signe d’une maladie : infection urinaire ou rénale, cancer de la vessie, trouble neurologique (sclérose en plaques, maladie de Parkinson, etc.).

    De façon plus générale, l’incontinence urinaire est favorisée par :

    • la prise de certains médicaments, tels que les diurétiques ;
    • une mauvaise hygiène de vie, comprenant notamment une consommation excessive de liquides comme le café et l’alcool ;
    • le surpoids ;
    • le tabagisme.

      Comment traiter les fuites urinaires chez la femme ?

      Comme pour tout problème de santé, il est capital de consulter un médecin. En fonction de l’âge de la patiente et du type d’incontinence urinaire diagnostiqué, différents traitements pourront être prescrits. En général, il s’agit de :

      • techniques de rééducation du périnée et des muscles de la vessie, comme les exercices de Kegel ;
      • médicaments, par exemple des estrogènes en application locale ;
      • chirurgie, avec la pose d’une bandelette dite sous-urétrale, pour soutenir le canal de l’urètre ;
      • thérapies comportementales, pour mieux maîtriser les envies pressantes d’uriner.

        Au-delà de ces solutions médicales, la gestion des fuites urinaires au quotidien implique l’utilisation de protections intimes, pour recueillir les pertes de jour comme de nuit. Dans le cas d’une incontinence urinaire légère à modérée, en général liée à l’effort, pour les jeunes mamans ou les femmes nouvellement ménopausées, le sous-vêtement menstruel est une option tout indiquée. Capable de recueillir de quelques gouttes à plusieurs millilitres de liquide, sous sa forme de culotte ou de shorty, il joue parfaitement le rôle de protection absorbante. En plus d’être efficace, discret, confortable et facile d’utilisation, il est joliment décoré, pour alléger un peu le moral, et lavable, donc bénéfique pour le porte-monnaie et l’environnement.

         

        Les fuites urinaires chez la femme sont fréquentes et souvent handicapantes. Mais des traitements existent. Des dispositifs innovants, tels que les sous-vêtements absorbants lavables, permettent également de vivre un quotidien plus simple et apaisé. Pour en apprendre davantage sur l’intimité et l’hygiène féminines, n’hésitez pas à consulter les articles suivants :

         

        Écrit par Camille Dugornay 

         

        Sources :

        1. Shenot, P. J. (2022, 3 mai). Incontinence urinaire chez l’adulte. Édition professionnelle du Manuel MSD.
        2. Les Français et l’incontinence urinaire. (2019, 15 février). IFOP.
        3. Dumery, S. (2016, 31 mars). Incontinence urinaire: pourquoi 30% des femmes affectées ne demandent pas de traitement? VIDAL.
        4. La prévalence de l'incontinence urinaire. Taylor & Francis.
        5. Incontinence urinaire - symptômes, causes, traitements et prévention. VIDAL.
        6. Incontinence : les chiffres de l’incontinence urinaire en France. (2020, 18 février). Sphère Santé.