Les saignements en début de grossesse

Ventre de femme enceinte en début de grossesse

Environ 25 % des femmes enceintes connaissent des saignements d’origine génitale durant le premier trimestre de leur grossesse. Courantes donc, ces pertes sanguines génèrent de nombreuses questions et inquiétudes chez les principales concernées. Est-ce normal ? S’agit-il de règles ? Y a-t-il un risque pour le développement de l’embryon ? Est-ce forcément le signe d’une fausse couche ou d’une grossesse extra-utérine ? En réalité, ces saignements de début de grossesse sont de différentes natures, ont des causes diverses et ne présentent pas le même niveau de gravité. Explications dans cet article.

Dans tous les cas, la survenue de saignements génitaux à tout moment de la grossesse doit alerter et amener à consulter un.e professionnel.le de santé compétent.

Saignements début de grossesse : les métrorragies du premier trimestre

Les saignements d’origine utérine survenant en dehors des règles sont appelés des « métrorragies ». Lorsqu’ils se manifestent durant la grossesse, on parle de « métrorragies de grossesse ». Ces dernières se produisent majoritairement en début de grossesse, mais peuvent également apparaître ou se répéter au cours des deuxième et troisième trimestres. Leur survenue avant treize semaines de gestation, soit quinze semaines d’aménorrhée, leur donne le nom plus spécifique de « métrorragies du premier trimestre ».

Même s’il s’agit de pertes sanguines, les métrorragies de grossesse ne sont pas des règles. Avoir ses règles et être enceinte n’est pas compatible. En cas de grossesse confirmée, les saignements constatés par la femme enceinte ne sont pas des menstruations : ils sont en général moins abondants, plus ponctuels et d’une durée moins longue que celles-ci. À ne pas confondre d’ailleurs avec le terme de ménorragies, qui lui désigne bien des règles anormalement abondantes et/ou longues.

De tels saignements au cours des 20 premières semaines de grossesse sont fréquents : 1 femme enceinte sur 4 est concernée. Mais la raison de leur survenue n’est pas toujours identifiée et comprise. Ils peuvent être liés à un problème médical plus ou moins grave, qu’il est primordial de diagnostiquer et de traiter. Ils peuvent aussi rester inexpliqués, disparaître d’eux-mêmes et n’avoir aucune conséquence sur la grossesse.

Les principales causes des métrorragies de début de grossesse

Des lésions cervicales sans gravité

Durant la grossesse, les parties génitales sont fragilisées et donc plus sensibles. C’est le cas notamment du col de l’utérus. Un rapport sexuel ou un examen gynécologique tel qu’un toucher vaginal peuvent provoquer de légers et brefs saignements, totalement bénins, au niveau de cette zone. Ce ne sont pas des métrorragies au sens strict du terme, car les saignements ne proviennent pas de l’utérus, mais l’identification précise de leur origine étant parfois difficile, ils sont souvent assimilés à cette catégorie.  

La nidation

Lorsque l’ovule fécondé s’implante dans l’endomètre, environ 6 à 10 jours après la fécondation, quelques vaisseaux sanguins peuvent se rompre et provoquer des saignements. Ceux-ci ne présentent pas de risque : ils sont généralement très courts – pas plus de deux jours – et très peu abondants – quelques gouttes de sang formant une « tache », « spot » en anglais, d’où l’appellation « spotting de nidation ».

La perte d’un embryon jumeau

Dans le cas d’une grossesse gémellaire, c’est-à-dire impliquant des jumeaux, la perte d’un des deux embryons peut se produire et se traduire par des pertes sanguines. Dans les trois quarts des cas, l’embryon restant poursuit normalement son développement.

Un hématome intra-utérin

Au cours des deux premiers mois de grossesse, un « décollement trophoblastique » peut survenir. Il se produit lorsque le « trophoblaste » (l’enveloppe entourant l’embryon à partir de laquelle se forme et se développe le placenta) se décolle légèrement de la paroi utérine, provoquant un saignement et créant ce qu’on appelle un « hématome décidual ». Dans la plupart des cas, avec une surveillance médicale et du repos, l’hématome se résorbe de lui-même et la grossesse se poursuit favorablement. En revanche, en cas de persistance de l’hématome, les risques de décollement placentaire partiel ou total, de fausse couche ou d’accouchement prématuré augmentent fortement.

Une grossesse môlaire

Dans de rares cas (1 à 3 grossesses sur 1000 en France), il s’avère que :

  • l’ovule fécondé est anormal, ne contenant pas d’embryon ou contenant un embryon ne pouvant se développer correctement par la suite ;
  • et les cellules du placenta croissent de façon excessive, formant une tumeur appelée « môle hydatiforme ».

On parle alors de « grossesse môlaire ». Elle est caractérisée par un utérus trop volumineux, des saignements vaginaux, des nausées et vomissements sévères, une tension artérielle très élevée. Le risque principal de la môle hydatiforme est qu’elle évolue en tumeur cancéreuse. Mais la plupart du temps, elle est bénigne : elle est traitée par curetage ou est naturellement rejetée par le corps.

Une fausse couche

Également appelée avortement spontané, la fausse couche est la perte du fœtus avant la 20e semaine de grossesse. Entre 10 et 15 % des grossesses connues (un grand nombre ne sont pas comptabilisées puisqu’elles se produisent avant même que les femmes ne sachent qu’elles sont enceintes) se terminent par une fausse couche. Elle est dite précoce lorsqu’elle intervient au cours des 12 premières semaines (85 % des cas de fausses couches) et tardive quand elle survient entre les 13e et 20e semaines (15 %). Elle se manifeste par des saignements plus ou moins abondants selon l’état d’avancement de la grossesse, souvent accompagnés de crampes abdominales liées à des contractions de l’utérus.

Une grossesse extra-utérine

Dans 1 à 2 % des cas, la grossesse ne débute pas au bon endroit : l’œuf s’implante ailleurs que dans l’utérus, souvent dans une des trompes de Fallope. On parle de grossesse extra-utérine. Le fœtus n’est alors pas viable, mais son développement peut continuer pendant plusieurs semaines, ce qui devient dangereux pour la femme enceinte. Ce type de grossesse doit être interrompue au plus vite, pour éviter une rupture spontanée et une éventuelle hémorragie sévère. Des saignements vaginaux peu abondants et des douleurs dans le bas du ventre plus ou moins aigües peuvent se faire ressentir précocement, avant la rupture de la structure fœtale. L’interruption d’une telle grossesse se fait soit par injection d’un médicament, soit par intervention chirurgicale.

 

Les femmes enceintes sont fréquemment exposées à des saignements au début de leur grossesse. Même si elles sont courantes, souvent sans gravité, ces pertes sanguines peuvent aussi être le signe d’une complication obstétricale à prendre en charge rapidement. Si vous êtes vous-même concernée, rapprochez-vous de votre gynécologue ou de votre sage-femme pour identifier au plus vite la cause de ces saignements. Et s’ils sont bénins, mais qu’ils vous gênent dans votre vie de femme enceinte, pensez à utiliser une culotte menstruelle, parfaite pour absorber ce type de pertes intimes. 

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Écrit par cd

 

Sources :