Droits des femmes en France : 5 dates emblématiques

La lutte pour les droits des femmes en France

Depuis 1977, le 8 mars est officiellement reconnu par l’Organisation des Nations Unies comme la Journée internationale des droits des femmes. En France, comme dans de nombreux autres pays dans le monde, c’est l’occasion de sensibiliser et de mobiliser l’ensemble de la population à la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Mais au-delà de ce 8 mars, quels sont les moments forts de l’évolution des droits des femmes en France ? Vous conter l’histoire de l’émancipation des femmes dans son entièreté est une tâche impossible à réaliser ici. Mais pour vous donner un aperçu, nous avons choisi 5 dates clés. 5 repères qui permettent de se rendre compte de l’aspect récent et laborieux des avancées en la matière, et de mesurer les nombreux efforts déployés pour ce combat.  

Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes
Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes

1. 1791 : la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne 

En réponse à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, dont elle conteste l’universalité, Olympe de Gouges rédige et publie en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Cette femme de lettres et militante politique, engagée notamment dans la lutte pour la libération des femmes, y affirme l’égalité entre les deux sexes. À l’article premier, elle écrit : « La Femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. » Elle exhorte également ses compatriotes féminines à revendiquer leur liberté : « Femme, réveille-toi ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l’univers ; reconnais tes droits. Quelles que soient les barrières que l’on vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir. » Des mots qui ont fait de cet écrit un texte de référence dans l’histoire des droits des femmes en France, et d’Olympe de Gouges une pionnière du féminisme. 

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne de 1791 par Olympe de GougesLa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne de 1791 par Olympe de Gouges

Malgré cela, la Révolution française ne sera pas favorable à la cause des femmes. En 1804, leur domination par l’homme est instituée dans le Code civil : « la femme doit obéissance au mari ». Et il faudra attendre 1946 pour que le principe d’égalité des droits entre les femmes et les hommes soit inscrit dans le préambule de la Constitution du 27 octobre : « La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme. »

2. 1944 : le droit de vote accordé aux femmes 

« Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions de l’homme. » C’est ce que stipule l’article 17 de l’ordonnance signée par le général de Gaulle le 21 avril 1944, accordant ainsi les droits de vote et d’être élue aux femmes dans l’Hexagone. Avant cette date, et ce depuis 1848, soit un siècle durant, le suffrage universel était masculin, réservé aux hommes de nationalité française et âgés de 21 ans ou plus. 

Le 29 avril 1945, c’est le premier tour des élections municipales, soit le premier scrutin d’après-guerre. Les nombreuses électrices françaises – plus de 12 millions – ont enfin la possibilité d’exercer leur nouveau droit, acquis un an plus tôt. Pour la toute première fois dans l’histoire de France, les femmes se rendent aux urnes. Figure politique et de la Résistance française, Gilberte Brossolette parle de ce jour historique en ces termes : « J’ai pensé que, enfin, nous avions le droit de donner notre avis. Enfin, nous étions des êtres humains à part entière. » 

3. 1967 : la légalisation de la contraception

La loi Neuwirth autorise la pilule contraceptive en 1967 La loi Neuwirth autorise la pilule contraceptive en 1967

La première pilule contraceptive est commercialisée aux États-Unis en 1957. À cette époque, le recours à la contraception est pénalisé en France. En effet, la loi du 31 juillet 1920, votée dans un contexte de relance de la natalité au sortir d’une Première Guerre mondiale dévastatrice, interdit à la fois l’usage de contraceptifs et le recours à l’avortement. C’est le député Lucien Neuwirth qui dépose en mai 1966 une proposition de loi visant à autoriser l’accès à la contraception. Il est très vivement critiqué par les opposants au projet, notamment l’Église catholique et certains représentants politiques. Il est tour à tour qualifié d’« Immaculée contraception », de « fossoyeur de la France » ou encore de « salaud ». Malgré cela, la loi Neuwirth est finalement adoptée par l’Assemblée nationale et le Sénat le 19 décembre 1967, puis promulguée par le général de Gaulle le 28 décembre suivant. Cette victoire dans la lutte pour les droits des femmes en France a ouvert la voie à une autre réforme tout aussi fondamentale : la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse, dite « loi Veil », adoptée le 17 janvier 1975. 

4. 1995 : Marie Curie au Panthéon

Portrait de Marie Curie, panthéonisée en 1995Portrait de Marie Curie, panthéonisée en 1995

« Il n’est pas normal qu’aucune femme en tant que telle, et pas seulement parce qu’elle était la femme d’un grand homme, n’ait été admise au Panthéon, qui représente la mémoire nationale. » Ce sont les paroles prononcées par le président de la République française François Mitterrand le 8 mars 1994 au journal de 20 h sur France 2. Un an plus tard, le 20 avril 1995, Marie Curie est la première femme à entrer au Panthéon du fait uniquement de ses propres travaux et mérites. Sophie Berthelot y repose déjà depuis 1907, mais seulement au motif d’accompagner son célèbre époux, le chimiste Marcellin Berthelot. Depuis, 4 femmes sont venues les rejoindre : les résistantes Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz en 2015, Simone Veil en 2017 et Joséphine Baker en 2021. Loin d’être anecdotique, cette reconnaissance posthume met en lumière les illustres figures féminines de l’histoire de France et contribue à valoriser la place de la femme dans la société. Mais l’équilibre est encore loin : en 2022, le Panthéon compte 75 hommes et… 6 femmes.  

5. 2017 : la libération de la parole à la suite de l’affaire Weinstein

Portrait d'Harvey Weinstein

En octobre 2017, le producteur de cinéma américain Harvey Weinstein est accusé par plusieurs femmes de harcèlement sexuel, d’agression sexuelle et de viol. Au fil des jours et des révélations, l’affaire Weinstein prend de l’ampleur. Des actrices françaises, telles que Léa Seydoux et Judith Godrèche, témoignent des agissements répréhensibles du magnat hollywoodien. Émues par l’évènement, des milliers de femmes, elles-mêmes victimes ou témoins d’agressions sexuelles, osent raconter leur propre expérience sur les réseaux sociaux. Les mots clés #BalanceTonPorc et #MeToo inondent la Toile. On parle de mouvement de libération de la parole. Les conséquences sont nombreuses : plusieurs hommes influents sont dénoncés pour leur comportement inapproprié ; le harcèlement de rue est condamné par la loi du 3 août 2018 ; le premier Grenelle contre les violences conjugales est lancé en septembre 2019. 
Désormais, le nombre de plaignantes contre Harvey Weinstein s’élève à 90 femmes. En 2020, il a été condamné à 23 ans de prison. 

#MeToo, un hashtag pour la libération de la parole des femmes victimes d'agressions sexuelles #MeToo, un hashtag pour la libération de la parole des femmes victimes d'agressions sexuelles

L’histoire des droits des femmes ne s’arrête bien évidemment pas à ces 5 évènements-là. Riche d’un passé complexe et agité, elle continue de s’écrire, marquée par de petites et de grandes dates. Perdième, à son échelle, souhaite apporter sa (petite) pierre à l’édifice, en proposant aux femmes des protections périodiques sûres et saines, en contribuant à la diversité des innovations technologiques de la femtech, en cherchant à informer sur les règles et l’hygiène menstruelle, en mettant en avant des femmes inspirantes et en s’inscrivant tout simplement dans cette mouvance positive et inclusive. 

 

Écrit par Camille Dugornay